C’est le printemps pour les marchés

Posté le : 22/03/2017

C’est le printemps pour les marchés : L'indice CAC 40 a pour la première fois terminé une séance au-dessus de la barre des 5.000 points, soutenu par le discours rassurant de la Fed et la victoire du parti libéral aux Pays-Bas. Conformément aux attentes, la banque centrale américaine a en effet relevé ses taux directeurs pour la deuxième fois depuis l'élection de Donald Trump, marquant sa confiance dans la solidité de l'économie tout en restant prudente. Mais surtout, la Fed anticipe toujours trois hausses de taux au total cette année, alors que les marchés pouvaient redouter une accélération.

Si deux hirondelles ont fait le printemps, certains météorologistes annoncent que l’été sera chaud… BlackRock s’inquiète aussi quelque peu des valorisations élevées des valeurs américaines et d’un risque que les promesses budgétaires de l’administration Trump ne soient pas tenues de sitôt.

Certains voient déjà dans les marchés une canicule dévastatrice suivie d’un grand coup de froid en 2017… La situation dans laquelle se trouvent les marchés américains en 2017 ressemble à s’y méprendre à celle qui prévalait 30 ans plus tôt, en 1987, et qui s’était soldée par le célèbre krach du 19 octobre 1987 où le Dow Jones avait enregistré une chute de 22 % en une seule séance. Le marché américain continue de battre des records historiques alors que sa volatilité implicite a baissé. Remarquons en passant que cela avait déjà été le cas de février 1999 à octobre 2000 dans la dernière phase de la construction de la bulle…

Si les négociations avec le congrès tournent trop à l’avantage du programme initial de Donald Trump, l’effet inflationniste pourrait pousser les taux à des niveaux supérieurs à 3 % et faire éclater la bulle des actions, comme en 1987.

 

Emmanuel Macron n'appliquera finalement pas son projet de hausse de la fiscalité sur l'assurance vie tel qu'il a été présenté récemment… C’est lors des assises de l’AFER que Jean Arthuis, conseiller du candidat marcheur, aurait précisé que l'incidence de la flat tax sur l'assurance-vie concernerait finalement les flux entrants « au-delà d’un seuil (d'encours) qui reste encore à déterminer »… On ne peut être plus clair, non ?

 

Certains assureurs profitaient pourtant de l’offensive de l’ancien ministre de l’économie pour aller plus loin, et pas forcément dans l’intérêt de l’épargnant

Le président de Rexecode, Michel Didier, propose de réserver le régime favorable de l'assurance-vie aux investissements de très long terme et Thierry Martel, Président de Groupama en remet une couche estimant, je le cite « il faut être force de proposition, réveiller l'assurance-vie qui a perdu son âme, en faisant jouer aux assureurs leur rôle de gestionnaire du risque… Il faut donc réorienter l'assurance vie, être en mesure de présenter des contre-propositions à Emmanuel Macron, plutôt que s'arcbouter sur l'existant.

 

Des assureurs qui ont pourtant du mal à concrétiser leur imagination quand ils parlent avec les pouvoirs publics et qui jouent très vite la politique de l’autruche… S’il en fallait une preuve, c’est l’atonie de l’Euro croissance, formule pour laquelle ils ont, on s’en souvient, obtenu de larges concessions de Bercy… Or seuls 141.000 contrats étaient ouverts fin 2016, contre 123.000 fin 2015. Par rapport à un marché de l’assurance-vie qui compte 54 millions de contrats, cela représente environ 1 contrat sur 380. Le bilan est tout aussi modeste du côté des encours. Certes, ils ont progressé entre 2015 et 2016, passant de 1,7 milliard à 1,9 milliard d’euros (…) Quelques experts ont rappelé depuis 3 ans que chaque épargnant pouvait créer son propre contrat euro-croissance, via un contrat multisupport mêlant fonds en euros et unités de compte… Peut mieux faire donc  pour des assureurs qui seraient plus créatifs pour leurs propres finances : Les trois premiers groupes d'assurance européens, Allianz, Axa et Generali affichent de plutôt bons résultats pour 2016, en dépit d'un contexte de taux d'intérêt très faibles, censé les mettre en difficulté. Ils ont su répercuter sur les épargnants la baisse du rendement de leurs investissements… 

 

 

Cédric Vigouroux