Le saut dans l'inconnu de la Fed

Posté le : 14/11/2017

(Les Echos) La Réserve fédérale américaine a commencé à délester son bilan des obligations achetées après la crise de 2008. (...) Pour le Trésor américain, ce changement de paradigme ne sera pas plus sans conséquence. Celui-ci va perdre avec la Fed l'un de ses principaux acheteurs de titres. Et il n'est pas sûr que d'autres acteurs du marché obligataire viennent prendre la place de la banque centrale, dans les mêmes proportions en tout cas. Avec le risque de se retrouver, lors de certaines opérations, avec une demande inférieure à l'offre. Ce qui aura pour effet de faire grimper les taux américains. En outre, on ne sait pas à ce stade comment la Fed va faire évoluer sa politique. Pour l'instant, elle dispose de suffisamment de titres arrivant à échéance pour tenir ses objectifs de réduction de son bilan. Mais, selon les estimations, fin 2019, il n'y aura plus assez de remboursements. Elle pourrait alors être obligée de sortir de son attitude passive - se contentant d'annuler les montants remboursés - au profit d'une politique active. C'est-à-dire en vendant les obligations qu'elle détient sur le marché. Une façon également d'accélérer le mouvement pour se dégager de nouvelles marges de manœuvre. Or un tel afflux de titres pourrait également faire baisser leur valeur et, mathématiquement, entraîner leur taux à la hausse.